le piano ambulant
compagnie de musiciens classiques itinérants

lampadaire

 

Vocation

Le Piano Ambulant est né en décembre 2000 à l’instigation de deux jeunes musiciennes (pianiste et violoniste) de la région lyonnaise. L’idéal qui les anime alors est d’offrir la musique qu’elles aiment au plus grand nombre et que chacun puisse en entendre une représentation vivante, quel que soit son milieu social et culturel. Le groupe amène ainsi la musique dans des lieux où on ne l’entend que rarement et, grâce à sa petite remorque-scène, tout lieu devient potentiellement une salle de concert. « Les gens ne vont plus au concert ! » entend-on dire souvent. « Et bien, soyons courageux ! Allons faire de la musique là où on ne l'attend pas. »
La teneur des programmes proposés est primordiale pour la compagnie qui prend le risque d'offrir dans des lieux et à des spectateurs qui n’y sont pas préparés des concerts d’une haute ambition musicale. Il s'agit là d'une forme essentielle de respect du public et de générosité artistique, dans la tradition d'un David Oïstrakh allant jouer les sonates de Prokofiev dans les villages les plus reculés de Sibérie.
La ligne directrice du projet est de faire du concert un moment poétique, inspirant et généreux et de chercher à dépasser la frontalité parfois un peu compassée des salles de concerts. Le Piano Ambulant se dirige ainsi de plus en plus vers une mise en valeur du caractère expressif propre à son installation : à la fois impromptu et magique. Le concert n'y est plus une simple exécution des partitions, mais leur mise en scène par tous les moyens qui peuvent faire de l'univers du compositeur un imaginaire pour le spectateur : éclairages, mise en espace, lectures de textes, analyses poétiques... Ces désirs aboutissent à la conception de spectacles mariant de plus en plus souvent plusieurs formes artistiques : musique et littérature, musique et ombres chinoises, musique et vidéo…
L'action du Piano Ambulant n'est au fond rien moins qu'une action politique. Il est régulièrement question de toutes sortes de fractures... Les culturelles ne sont pas les moins béantes. Abandonner les conventions de la vie culturelle citadine pour défendre Debussy ou Webern auprès du public le plus exigeant qui soit, celui qui n'a aucun alibi sociologique : voilà le pari de ce projet.


photo : François Salès