Le tribut de la loutre

La légende de l’anneau magique ! Qui ne la connaît pas ? Et pourtant…

Demandez à dix personnes de vous la raconter : vous aurez dix versions différentes ! Chacun la sienne, chacun la vraie !

Il y a le wagnérophile qui n’a pas raté un Ring, il y a le fan de Tolkien qui ne jure que par le Seigneur des anneaux, ou le simple dilettante qui s’est contenté des adaptations cinématographiques, il y a l’ado mutique qui vit dans son monde parallèle de donjons et dragons, l’amateur de cinéma expressionniste qui suit les Nibelungen chez Fritz Lang, ou encore l’universitaire érudit qui maîtrise les Edda poétiques scandinaves, sagas interminables et sanglantes…

Il y a enfin l’enfant à qui on a raconté, montré, fait entendre un peu tout cela, et qui parvenu à l’âge adulte se souvient à quel point il n’y comprenait rien, et à quel point c’était merveilleux !

C’est cette profusion de mondes obscurs et agités, d’histoires merveilleuses et fantastiques, de musiques effrayantes à dormir dehors ou douces à charmer les elfes que nos deux musiciens nous donnent à entendre, passé au filtre irisant du souvenir d’enfance.

Leur dispositif est plutôt inhabituel en musique classique : un theremin (le plus ancien des instruments électronique), un EWI (electronic wind instrument), des sampler, une banque d’effets, une panoplie de contrôleurs midi… Cela ressemble plus à une installation pour musique actuelle, pourtant c’est bien du Wagner qu’ils manipulent, pour plonger plus sûrement dans ces légendes scandinaves infernales, et s’amuser à se faire peur ou se faire rêver, comme lorsqu’on était encore enfant.

 

Création 2015
Opéra parlé
Tout public à partir de 7 ans
durée 45mn

Charlie Adamopoulos : sampler, machines, lecture
François Salès : theremin, hautbois électronique, récit

Création musicale : F. Salès et C. Adamopolos,
d'après Richard Wagner

Texte original : F. Salès et C. Adamopoulos,
d'après les Eddas poétiques scandinaves

 

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Sources littéraires utilisées

Edda poétique, Codex Regius (XIIIème siècle) : L'Edda poétique est un ensemble de poèmes en vieux norrois rassemblés dans un manuscrit islandais du XIIIe siècle, le Codex Regius. C'est aujourd'hui la plus importante source de connaissances sur la mythologie scandinave. À l’heure actuelle, on ne sait pas à qui attribuer le travail de collecte des poèmes renfermés dans le manuscrit. Il s’agit d’un recueil anonyme d’une trentaine de chants et de poèmes qui ont été composés entre le VIIIe siècle et le XIIIe  siècle. Les poèmes les plus anciens furent vraisemblablement composés par les scaldes, qui se les transmirent par tradition orale. Aucun poème n’est attribué à un auteur.

L'Edda poétique tombe dans l'oubli puis est redécouverte en Islande en 1643, baptisé Codex Regius et offert au roi du Danemark. Conservé à la librairie royale de Copenhague, le manuscrit est restitué à l'Islande en 1971.

Régis Boyer, L'Edda poétique, L'espace intérieur, Fayard, 1992 : Ce livre concentre des extraits de textes et l’ensemble des poèmes de l’ancienne Edda, et livre une étude sur le sacré chez les anciens scandinaves ainsi que certaines particularités poétiques. Le peuple Viking est présenté ainsi que son rapport à la magie au travers des textes qu’ils nous ont légués.

 

Sources musicales utilisées

Richard Wagner, la tétralogie : Der Ring des Nibelungen (en français, l'Anneau du Nibelung) est un cycle de quatre opéras de Richard Wagner, inspiré de la mythologie germanique et nordique, et particulièrement du Nibelungenlied, un poème épique germanique du Moyen Âge. La source première de Wagner provient de La Chanson des Nibelungen mais il combine ce récit avec d'autres légendes provenant essentiellement de la mythologie nordique dont les poèmes de l’Edda et la Saga des Völsung.

La composition du Ring est le fruit d'une longue gestation puisque 28 années séparent ses prémices (1848) de la première représentation intégrale de l'œuvre (1876).

Pierre Henry, Dracula : « Dracula » a été créé par Pierre Henry dans le cadre des soirées « Pierre Henry chez lui 2 » programmées par les Spectacles Vivants du Centre Georges Pompidou du 13 au 27 avril 2002. Plus qu'un hommage à une légende de la littérature, Pierre Henry a voulu donner avec cette création une nouvelle dimension à « Dracula » : l'arracher au passé et le projeter dans la modernité. Pour ce faire, Pierre Henry, tel un chirurgien des sons, a effectué une opération au scapel sur La Tétralogie de Wagner, révélant ainsi une nouvelle œuvre et un autre Dracula, méconnu et avant-gardiste.